Jeudi 7 août 2008
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18:28
Y'a quelques jours, je croise trois sans-abris devant la banque où je me rends pour retirer de l'argent. L'un des trois (celui qui ne dort
ou ne somnole pas) m'adresse la parole, l'air assez éméché.
Péniblement, il me demande si je pourrais lui acheter une baguette (ou pain français..) au super-marché d'à côté.
J'hésite. Je suis pressée, énervée, déprimée.
J'entre dans la banque et je prends mon argent.
Qu'est ce que ca coute une baguette? Un euro à tout casser? Je suis énervée, et alors? J'ai des problèmes, oui peut-être, mais je crois que lui en a plus que moi.
J'ai des problèmes, oui mais moi j'ai un abris, à manger à volonté (ou presque), à boire, de l'argent de poche, de quoi vivre et me permettre des plaisirs!
Qu'est ce que me coutera une baguette, et qu'apportera-t'elle à ces hommes? Je pourrai m'acheter un Twix en moins, mais ces hommes mangeront ce soir, et la tiédeur du pain à peine cuit, j'en suis
sûre, réchauffera leur coeur.
J'entre dans le magasin et je prends baguette et jambon. Oui les deux pour eux. Autant pouvoir garnir leur baguette.
Ce magasin me stresse avec sa file, mon gsm qui sonne et le système rapide que je ne comprends pas. Débordée, les mains remplies et très limitée dans mes mouvements, je parviens enfin à sortir du
magasin.
L'homme est heureux. Surpris mais heureux. Ils mangeront ce soir, ils auront un peu plus chaud, et je suis sur le point de pleurer sur mes problèmes du moment, mais je suis heureuse d'avoir fait
ca.
Par Zeidera
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Publié dans : Coups de coeur
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